WCAG vs RGAA : quelle différence ?

Quand on s'intéresse à l'accessibilité numérique, deux sigles reviennent sans cesse : WCAG et RGAA. On les croise souvent côte à côte, parfois comme s'ils étaient interchangeables — et c'est là que la confusion s'installe. S'agit-il de deux normes concurrentes ? Faut-il choisir l'une ou l'autre ? L'une remplace-t-elle l'autre ? Dans cet article, nous démêlons clairement ce que recouvrent ces deux référentiels, en quoi ils diffèrent, comment ils s'articulent, et surtout lequel s'applique concrètement à votre site si vous êtes en France. Un tour d'horizon pédagogique, pensé pour les personnes qui pilotent un site sans être expertes du sujet.

Sommaire

WCAG : le standard international

Les WCAG (Web Content Accessibility Guidelines, ou « Règles pour l'accessibilité des contenus web ») sont les recommandations de référence en matière d'accessibilité numérique à l'échelle mondiale. Elles sont publiées par le W3C (World Wide Web Consortium), l'organisme international qui définit les standards du web, via son initiative dédiée à l'accessibilité, la WAI.

Les WCAG s'organisent autour de quatre grands principes, résumés par l'acronyme POUR : un contenu doit être Perceptible, Utilisable, Compréhensible et Robuste. Sous chaque principe, on trouve des critères de succès, répartis en trois niveaux d'exigence croissants :

  • niveau A : les exigences minimales ;
  • niveau AA : le niveau visé par la plupart des réglementations, dont la réglementation française ;
  • niveau AAA : le niveau le plus élevé, rarement exigé sur l'ensemble d'un site.

Les WCAG constituent une base commune adoptée par de nombreux pays. Mais elles ont une caractéristique importante : elles décrivent ce qu'il faut atteindre, sans imposer une méthode de vérification unique. Deux auditeurs peuvent donc interpréter un même critère avec de légères nuances. C'est précisément ce point que le RGAA vient encadrer en France.

RGAA : le référentiel français

Le RGAA (Référentiel général d'amélioration de l'accessibilité) est le référentiel officiel français. Il est édité par la DINUM (Direction interministérielle du numérique). Sa version en vigueur, le RGAA 4.1, a été publiée le 18 février 2021.

Le RGAA n'invente pas ses propres règles d'accessibilité : il s'appuie directement sur les WCAG. Sa valeur ajoutée est ailleurs. Là où les WCAG disent quoi faire, le RGAA dit comment le vérifier. Chaque critère est accompagné d'une méthodologie de test précise, avec des cas de figure détaillés. Le RGAA 4.1 compte ainsi 106 critères de contrôle, assortis d'une moyenne de plusieurs tests chacun.

Un exemple parlant : là où les WCAG posent un seul critère sur les alternatives textuelles des images, le RGAA décline la question en plusieurs critères distincts, selon qu'il s'agit d'une image informative, décorative, porteuse de lien, d'un CAPTCHA, etc. Cette granularité laisse beaucoup moins de place à l'interprétation — un atout majeur quand il s'agit de démontrer sa conformité de façon opposable.

Autre spécificité du RGAA 4 : il fait disparaître la distinction entre les niveaux A et AA. Tous les critères retenus deviennent attendus, ce qui simplifie la lecture du référentiel.

Pour aller plus loin sur ce que recouvre l'accessibilité numérique et ses enjeux, nous détaillons le sujet sur notre page dédiée à l'accessibilité numérique.

Les différences concrètes entre WCAG et RGAA

Résumons les distinctions essentielles entre les deux référentiels :

  • L'émetteur. Les WCAG sont produites par le W3C, un organisme international. Le RGAA est produit par la DINUM, une administration française.
  • La portée juridique. Les WCAG sont des recommandations techniques, sans force de loi en elles-mêmes. Le RGAA est le référentiel légalement opposable en France : c'est sur lui que s'appuient les obligations d'accessibilité.
  • La nature. Les WCAG définissent des objectifs ; le RGAA fournit une méthode de test reproductible pour vérifier l'atteinte de ces objectifs.
  • La granularité. Le RGAA découpe les exigences WCAG en critères plus fins et plus nombreux, pour lever les ambiguïtés.
  • La langue. Le RGAA est rédigé en français et adapté au contexte réglementaire national, là où les WCAG font référence en anglais.

Il faut donc cesser de voir WCAG et RGAA comme deux options rivales. Le RGAA est la transposition opérationnelle française des WCAG. Être conforme au RGAA, c'est de fait être conforme aux WCAG de niveau AA.

Lequel s'applique à mon site ?

C'est la question qui compte vraiment pour la plupart des organisations. La réponse est simple : si votre site s'adresse au public français, c'est le RGAA qui fait foi.

C'est le RGAA qui sert de base aux audits officiels et à la rédaction de la déclaration d'accessibilité, le document par lequel vous rendez public votre niveau de conformité. Cette obligation concerne le secteur public depuis plusieurs années, et s'étend désormais à de nombreuses entreprises privées avec l'European Accessibility Act.

Concrètement, vous n'avez donc pas à choisir entre WCAG et RGAA : en visant la conformité RGAA, vous êtes automatiquement aligné sur les WCAG. Les WCAG restent utiles comme cadre de référence international — par exemple si votre organisation opère aussi hors de France — mais pour une mise en conformité en France, le RGAA est votre boussole.

C'est d'ailleurs sur ce référentiel que reposent nos audits RGAA et notre accompagnement à la mise en conformité : nous mesurons votre site critère par critère, établissons un taux de conformité, et vous remettons un plan d'action priorisé.

WCAG 2.1, 2.2 : où en est le RGAA ?

Un point mérite d'être clarifié, car il est source de confusion. Les WCAG évoluent au fil du temps :

  • WCAG 2.0 (2008), la première version largement adoptée ;
  • WCAG 2.1 (2018), qui ajoute des critères notamment pour le mobile et les handicaps cognitifs ;
  • WCAG 2.2, publiée le 5 octobre 2023, qui introduit neuf nouveaux critères de succès, portant entre autres sur la navigation au clavier, la taille des cibles tactiles et l'authentification.

Le RGAA 4.1 actuellement en vigueur est aligné sur les WCAG 2.1. Autrement dit, les nouveautés des WCAG 2.2 ne sont pas encore intégrées dans le référentiel français. Cela va changer : la DINUM a annoncé le RGAA 5, dont la publication est attendue fin 2026 et qui intégrera les WCAG 2.2, étendra la méthode aux applications mobiles et aux documents bureautiques, et confiera le contrôle à l'Arcom. Bonne nouvelle : les audits et déclarations d'accessibilité réalisés sous le RGAA 4.1 resteront valables après la sortie du RGAA 5.

En pratique, cela signifie que pour votre conformité légale aujourd'hui en France, c'est le périmètre du RGAA 4.1 (donc WCAG 2.1 niveau AA) qui s'applique. Anticiper les critères des WCAG 2.2 reste néanmoins une bonne pratique : ils améliorent l'expérience de tous les utilisateurs et vous prépareront au RGAA 5.

En résumé

Retenons l'essentiel :

  • Les WCAG sont le standard international de l'accessibilité web, publié par le W3C. Elles disent quoi faire.
  • Le RGAA est le référentiel français, édité par la DINUM. Il dit comment tester, et il est légalement opposable en France.
  • Le RGAA est la transposition des WCAG : être conforme RGAA, c'est être conforme WCAG niveau AA.
  • Pour un site destiné au public français, c'est le RGAA qui s'applique.
  • Le RGAA 4.1 est aligné sur les WCAG 2.1 ; les WCAG 2.2 (2023) seront intégrées par le RGAA 5, attendu fin 2026.

Vous vous demandez où en est votre site par rapport au RGAA ? C'est exactement ce que révèle un audit. En tant qu'agence d'accessibilité numérique basée à Caen et intervenant partout en France, nous réalisons des audits RGAA complets et vous accompagnons jusqu'à la conformité.